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Le
bouddhisme est apparu en Inde vers le VIe siècle avant J.-C. après que
Siddhârta, prince héritier d’un royaume du nord de l’Inde, se fut éveillé
à la réalité cachée aux yeux des hommes par le voile de l’ignorance. Ceci
lui valut le nom de Bouddha, « l’éveillé ». Ayant pris conscience
que souffrance et existence sont inévitablement liés, il chercha les cause
profondes de cette souffrance et, les déracinant à jamais, il réalisa
la libération. Il laissa à ses disciples une multitude d’enseignements
et de techniques menant à l’extinction de toute souffrance.
"Il
y a deux mille cinq cents ans, grâce à l'expérience
de la méditation, Bouddha Sakyamuni pénétra l'essence
de l'esprit. Par la contemplation directe, il réalisa sa nature
profonde et parvint ainsi à " l' éveil ". Ce fut
son expérience capitale.
Ayant ainsi découvert la réalité de ce que nous sommes,
il énonça son enseignement et proposa un cheminement pour
accéder à l'expérience qu'il avait réalisée.
Cet enseignement s'appelle le " dharma du bouddha ", l'enseignement
du bouddha.
C'est une connaissance expérimentale qui nous apprend à
reconnaître notre nature fondamentale et libère de l'asservissement
aux illusions, aux passions et aux pensées. Elle permet de découvrir
le vrai bonheur, durant la vie, au moment de la mort et dans les existences
ultérieures, jusqu'à l'ultime éveil spirituel qu'est
l'état de bouddha. Elle développe sagesse et compassion
universelles." Kalou Rimpotché
LE BOUDDHA
SHAKYAMUNI
ou la vie d'un homme devenu le premier des êtres éveillés
"
Soyez à vous-même votre propre flambeau. ". Conseil
ultime de Siddhartha Gautama
De récentes recherches établissent la date de naissance
de Siddhartha Gautama en 563 av. J.-C. et celle de son décès,
à l'âge de 80 ans. De par la voie spirituelle qu'il a découverte
et la profondeur d'un enseignement qu'il a dispensé pendant 45
ans, celui qui était né prince dans le puissant clan guerrier
des Shakya, est devenu l'un des êtres les plus influents de l'histoire
de l'humanité en Asie, et désormais également, en
Occident.
Protégé dès son plus jeune âge de la souffrance
mais plus tard de son attraction pour les shramanas, hirsutes libres-penseurs
mystiques qui campaient aux portes de la ville, il grandit, gâté
et couvé par son entourage, jusqu'à l'âge de 29 ans
dans l'univers clos du palais familial, dans la ville de Kapilavastu,
située actuellement à la frontière de l'Inde et du
Népal.
D'un tempérament doux et contemplatif, il s'éloigne très
vite des arts militaires, apanage de son clan, et s'adonne davantage à
la réflexion et à la rêverie, au grand dam de son
père, le prince Shuddhodana qui, décidé à
confronter son fils à un monde plus tangible, le marie à
l'âge de 16 ans. Une union demeurée 13 ans sans enfant, malgré
la tendresse réciproque entre les deux époux, relatée
dans de nombreux textes.
Au cours de cette période, dans une Inde avide de mysticisme et
profondément religieuse, naît dans la jeunesse un mouvement
de réaction contre le culte essentiellement sacrificiel des brahmanes
védiques. Ce n'est pas une révolution globale et organisée,
mais plutôt un foisonnement de sentiers explorés, certains
menant à des impasses et d'autres débouchant sur un niveau
spirituel encore jamais atteint.
C'est sans doute déjà imprégné de ces nouveaux
tâtonnements mystiques que Siddhartha, selon la légende,
fit quatre sorties du palais familial, bravant les interdits paternels.
A la première, il rencontre la vieillesse, à la seconde,
la maladie, à la suivante, la mort et à la dernière
la sérénité des moines. C'est ainsi qu'il réalise
un soir les multiples souffrances et aspirations de la condition humaine.
Cette nuit ]là, sa femme Yashodhara donnait naissance à
un fils, Rahula.
Peu de temps après, il s'enfuit du palais pour embrasser la vie
religieuse. Après une brève approche de la scolastique,
il devient ascète et expérimente, avec cinq admirateurs,
tout l'éventail des mortifications physiques et mentales. Cette
attitude est tellement excessive qu'il l'abandonne en constatant sa stérilité,
au grand dépit de ses premiers admirateurs qui s'enfuient en l'accusant
de trahir le véritable renoncement.
De nouveau seul, Siddhartha s'engage dans la voie des absorptions méditatives
qui vont préparer sa percée vers l'illumination, à
l'âge de 35 ans. Dans cette nuit de l'an 528 av. J.-C. qui éclaire
encore le monde, Siddhartha devint, à Uruvilva (aujourd'hui Bodh-Gaya
dans l'état du Bihar), le Bouddha, l'Eveillé, et il prononça
ces paroles :
" J'ai trouvé une vérité pareille à
l'ambroisie, profonde, paisible, simple, incomposée, radieuse.
"
Ne pouvant garder pour lui cette révélation mystique, le
Bouddha enseigna pendant quarante -cinq ans, donnant à chacun,
selon ses capacités, les moyens d'atteindre l'émancipation,
qu'il soit roi, mendiant, ami ou adversaire.
L'enseignement de Siddhartha Gautama, qui commença à Sarnath
en 528 av. J.-C. eut un rayonnement qui continue de nos jours, 2 500 ans
plus tard, sous différentes formes, réparties en trois grandes
écoles, le Theravada, le Mahayâna et le Vajrayâna.
Le Bouddha historique, Shakyamuni, s'est éteint à Kushinagara
à 80 ans, en l'an 483 av. J -C. Si l'on se base sur l'étymologie
du mot " religion ", qui vient du latin religare,
" relier ", on peut dire que le bouddhisme est effectivement
une religion, puisqu'il relie le monde phénoménal à
l'expérience individuelle, mais ce, sans pour autant passer par
un dieu créateur.
LA DIFFUSION DE SON ENSEIGNEMENT :
Les Trois Roues du Dharma : Après que le Bouddha historique eut
atteint l'illumination, il sortit de sa méditation et enseigna
une première fois à la requête de disciples ; cet
événement fut appelé la première " roue
du dharma " et se compose notamment du Soutra des quatre nobles vérités,
principale source du Theravada, également appelé Hinayana,
ou Petit véhicule. Beaucoup plus tard, le Bouddha fit " tourner
" les deuxième et troisième roues du dharma, qui comprennent
respectivement, le Soutras de la perfection de la sagesse et le Soutra
de la discrimination de l'intention. Ces deux derniers cycles d'enseignements
sont le fondement du Mahayâna, ou Grand véhicule, qui englobe
également les enseignements du Theravada.
Depuis son lieu d'origine, la plaine qui s'étend, en Inde, des
contreforts himalayens aux rives du Gange, l'enseignement bouddhiste,
le Dharma, s'est diffusé de manière totalement pacifique,
non par conquête armée, mais par " infusion ".
On le retrouve au sud du continent indien et au Sri Lanka (Ceylan), à
l'ouest, aux confins de l'empire d'Alexandre -au Pakistan et dans l'Afghanistan
actuels - où il donne naissance à l'admirable culture Gandhara
à la double inspiration grecque et bouddhiste. A l'est, en Birmanie,
Indochine, Corée, Thaïlande, Indonésie, Japon, où
il pénètre au VIè s. après J.-C. Et enfin
au nord, au Cachemire, Népal, Tibet (implantation au VIIIè
s. ap. J.-C.), Mongolie, Bhoutan, et en Chine dès 67 après
J.-C.. Longtemps demeurée une religion orientale, sa véritable
pénétration en Occident et sur le continent nord-américain
date des années 1970. Kalou Rinpoche est l'un des premiers "
artisans " de cette expansion.
Deux grands courants sont apparus dans la transmission des ces enseignements
:
- Le premier privilégie la voie monastique. C'est la tradition
" Theravada " ou des " Anciens ". On la trouve également
sous l'appellation Ecole du Sud, Véhicule Fondamental ou Hinayâna.
- Le second, le Mahayâna ou Ecole du Nord met l'accent sur la compassion
pour tous les êtres comme
chemin spirituel. Au sein du Mahayâna, principalement au Tibet,
en Chine et au Japon s'est développée une approche spécifique,
le Vajrayâna, la voie des tantras, textes dont les pratiques font
appel au symbolisme, au yoga et à la contemplation. On peut diviser
les enseignements du Mahayana en trois grandes parties : les Quatre Nobles
Vérités, qui expliquent la souffrance, sa cause et la méthode
pour s'en libérer ; ensuite, la vacuité ou l'évidence
que les phénomènes n'ont pas d'existence propre mais apparaissent
en interdépendance ; et enfin, la nature de bouddha ou la clarté
naturelle de l'esprit.
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