> Guendune Nyensal N° 8 -


Bulletin d’information de  la Congrégation — septembre 2005 (extraits)

1. Visite de Sangyé Nyènpa Rimpotché (20-23 août 2005)

« Le regard parfait est celui qui voit qu’il n’y a rien à voir ». Sangyé Nyènpa Rimpotché

La visite de Sangyé Nyènpa Rimpotché a débuté le samedi 20 août à Kagyu Rintchen Tcheu Ling avec la  traditionnelle offrande de Mandala. Elle s’est poursuivie par la bénédiction du temple. Au petit matin du  dimanche 21, Son Éminence a procédé à la bénédiction de la nouvelle maison située 2512 route de Mende, dont l’acquisition venait à peine d’être effectuée.  Les enseignements ont ensuite débuté à Kagyu Yi-Ong Tcheu Ling, dans un lieu fin prêt pour recevoir Rimpotché, grâce à l’énergie des bénévoles qui ont œuvré aux préparatifs depuis de longs mois et particulièrement durant les semaines qui ont précédé. Le nouveau temple du Centre de retraite a été consacré par Rimpotché le lundi 22, en présence de tous les lamas et de la sangha. Le mardi 23 au matin, l’enseignement était suivi de la pratique de Milarépa et de la bénédiction du repas d’offrande, le tsok, particulièrement conséquent pour l’occasion. L’après-midi, une prise de refuge a été donnée avant que Rimpotché n’entreprenne la conduite de l’Initiation de Milarépa. En début de soirée, Monsieur le Maire de Saint Laurent Le Minier ainsi que des membres du Conseil municipal ont été reçus dans le salon de Rimpotché et la journée s’est conclue par le verre de l’amitié. « Merci infiniment de nous avoir donné l’occasion de rencontrer Sangyé Nyènpa Rimpotché. Son enseignement sur le Mahamudra était limpide, sa présence était simple et son rayonnement profondément pénétrant. Merci encore et encore jusqu’à ce que le samsara soit vide ! » (extrait du mail envoyé par une participante).  Il est vrai que cet événement a été particulièrement inspirant et porteur de joie et d’énergie pour tous. Les enseignements, nous ont plongé   dans  la  profondeur du texte des Souhaits du Mahamudra, révélant, à la lumière des commentaires très érudits de Sangyé Nyènpa Rimpotché, notre regard sur soi et sur les autres, et ressourçant notre motivation - à la mesure de l’engagement de chacun -  pour progresser sur le chemin spirituel jusqu’à retrouver ce « fond d’infinie perfection, fondement même de notre être. ». Le dimanche matin, le vent et la pluie gagnaient la vallée de la Vis. Au départ de Rimpotché, nous avions retrouvé un ciel pur ensoleillé. Les abords du nouveau temple, la terrasse du Mas où Son Éminence aimait se recueillir,  tout « l’ Agréable jardin du dharma » respirait le calme et nombreux parmi ceux qui ont suivi les enseignements ont apprécié cette résonance en leur for intérieur, longtemps après. A charge désormais, pour tous ceux qui souhaitent voir rayonner ce calme intérieur, de le faire fructifier par la pratique : « L’être a la capacité en lui-même de trouver la source de son propre éveil. Dire que l’on n’a pas le temps est une excuse facile. Le prétexte du manque de temps est un obstacle que l’on se crée ! ». Rimpotché a laissé entrevoir la possibilité de poursuivre ses commentaires des Souhaits du Mahamudra plus en avant. « C’est ici un lieu tout a fait remarquable et magnifique » a-t-il déclaré à propos du Centre de retraite. Souhaitons qu’il nous revienne rapidement afin de nous aider à réaliser le sens profond de ces enseignements.

2. Bénédictions du temple, de la nouvelle maison (à KRTL), et du nouveau temple (KYOTL)

La nouvelle maison 2512 route de Mende *

Cette maison a été acquise le 8 aôut, grâce à l’effort de la sangha. Son Eminence en a béni toute les pièces (jusqu’au garage !) ainsi que le jardin. Le poisson rouge du bassin n’a pas été oublié... Vous pourrez trouver ci-joint l’appel de Lama Seunam concernant cette nouvelle maison. Il s’agit en fait de contribuer à alléger les remboursements du prêt par des dons supplémentaires. Merci à toutes et à tous ceux qui vont soutenir le centre et s’engager un peu davantage pour contribuer à améliorer nos conditions d’accueil.

ci-dessus : (1) Sangyé Nyènpa Rimpotché, Lama Tenam et Lama Seunam

Le temple de Kagyu Rintchen Tcheu Ling 

Alors que le centre de Montpellier fête les trente ans de sa fondation par Kalou Rimpotché, son temple a été érigé en 1988, par la force des bras d’un groupe de bénévoles. Kalou Rimpotché en avait béni les travaux en 1987, et c’est Bokar Rimpotché qui a accompli sa consécration en 1990. Sa Sainteté le Dalaï Lama La béni le 25 septembre 2000. Au matin du  21 août, Sangyé Nyènpa Rimpotché a également apposé ses bénédictions, chargeant un peu plus un lieu rayonnant par la présence de tant de grands lamas.

Le nouveau temple de Kagyu Yi-Ong Tcheu Ling

Les travaux avaient débuté le 25 septembre 2005. Peu à peu, par le travail conjugué de tous les bénévoles du centre, à divers niveaux, le temple s’est érigé jusqu’à cette magnifique structure en pin douglas, chaleureuse et accueillante de l’avis de tous. Sangyé Nyènpa Rimpotché a particulièrement apprécié ce nouveau lieu de pratique, simple et suffisant à ses yeux. Rimpotché a conduit la cérémonie de consécration le 21 août à 8 h. Lama Seunam a procédé à la pose de reliques, chargeant notre lieu de pratique d’énergies supplémentaires. Le temple a pu être préparé à temps pour le séminaire de Rimpotché. Toutefois, il reste de nombreux détails à terminer. Vous pouvez encore poursuivre votre soutien financier pour alléger la charge du centre. N’hésitez pas à nous contacter. Merci à tous pour votre engagement !

*APPEL DE LAMA SEUNAM TSHERING

« Chers ami(e)s, j’ai le plaisir de vous annoncer que nous sommes propriétaires d’une nouvelle maison située 2512 route de Mende depuis le 2 août dernier, située à 15 mètres de Kagyu Rintchen Tcheu Ling. C’est une grande joie pour moi de voir que tout s’est très bien déroulé pour l’acquisition de ce bien, grâce à l’effort des donateurs et de l’équipe qui a porté ce dossier, et cela juste avant la venue de Sangyé Nyènpa Rimpotché qui a pu ainsi la bénir (voir photo ci-dessous). Cependant, vous savez que nos moyens matériels sont modestes et que la Congrégation vit essentiellement des dons des membres de la sangha, les sessions ne représentant qu’une part minime de ses revenus. Aussi, je lance un appel à tous ceux qui le peuvent pour nous aider à alléger le montant des remboursements par des dons supplémentaires. Si de nombreuses personnes ne faisaient par exemple, qu’un virement régulier, même modeste chaque mois, cela serait pour nous d’un grand secours. Actuellement, nous n’avons plus d’autre crédit en cours et nous sommes propriétaires de tous nos locaux. Cette maison n’est pas acquise dans un souci de luxe, mais pour améliorer nos conditions d’accueil. Elle représente de plus une opportunité unique dans le quartier qui ne se représentera pas de si tôt. Je remercie toutes celles et ceux qui pourront entendre cet appel. Les générations se suivent, l’histoire de notre centre montre bien que le bouddha-dharma demeure au-delà du temps pour le bien de tous les êtres et donc à ceux qui voudrons y contribuer un peu plus, j’adresse mes toutes mes bénédictions et ma plus profonde gratitude ».

Lama Seunam Tshering

Réunion de sangha du 16 juillet 2005 à Kagyu Yi-Ong Tcheu Ling

Lors d’une réunion qui s’est tenue à l’ombre des pins du centre de retraite, Lama Seunam a exposé sont projet d’acquisition et répondu aux questions des membres de la sangha. Il a même tenu à soumettre au vote le projet d’achat (21 voix pour, 5 contre, 1 abs.). Il a été rappelé que seule la nouvelle maison était hypothéquée afin de limiter tout risque. En ce qui concerne le prêt de la banque sur 25 ans, le taux obtenu est assez bas et révisable, le prêt permet également de procéder à des remboursements anticipés. Le montant des remboursements est de 1500 € par mois. Pour les générations futures, il est à noter que le terrain dispose d’une surface constructible importante (500 à 1000 m2). Le montant de l’opération est de 313 000 €. Nous avons bénéficié jusques ici d’un apport constitué par 6300 € de dons et 32000 € de prêt sans intérêt de membres de la sangha.

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Bulletin de don à découper et à retourner à : ‌  CONGREGATION BOUDDHISTE VAJRAYANA « KAGYU RINTCHEN TCHEU LING », 2468 route de Mende – 34090 MONTPELLIER – France

Don de soutien  au remboursement de l’emprunt pour la  nouvelle maison 2512 route de Mende

Nom, Prénom :  ………………………………………………………………….   N° tél : ……………………………………….

Adresse : ………………………………………………………………………………………………………..............................

Code Postal : …………………………….. Ville : …………………………………………………………………………………

> Je souhaite soutenir la Congrégation pour l’achat de la maison sise 2512 route de Mende par [cocher la bonne case] :

o un don* de …………………………..€  /  o un don par virement** régulier d’un montant de ……………….. € /

o un prêt sans intérêt d’un montant de ………………………… €.

Fait le…………………………..………. à : ……………………………….       Signature :  ……………………………

[* déductible de l’impôt sur le revenu ; ** nous demander un RIB. Pour tout renseignement, n’hésitez pas à contacter la permanence les mardis et vendredis de 16h à 19h45 ou directement le trésorier au 06 22 06 09 48].

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> Visite de Sangyé Nyènpa Rimpotché - rétrospective en images


Nous terminons la préparations des CD des enseignements. Dans l'attente, voici quelques vues pour revivre en partie cet événement.

L'arrivée à KRTL

Fin de la cérémonie de l'offrande du Mandala à KRTL

Arrivée de Rimpotché à KYOTL

Entrée dans le temple de KYOTL

Chödreul (musique d'offrande) pendant les rituels

Le Vénérable Cherab Tenzin distribuant du riz pour l'Initiation de Milarépa

Lama Seuman recevant l'Initiation

Sangyé Nyènpa Rimpotché sur la terrasse du Mas des Molières

Rituel de consécration du temple de KYOTL

A la fin des enseignements

Lama Nawang, Lama Dawa et Lama Namdak

Rimpotché avec son traducteur Thierry Lamouroux

Le somptueux écrin de verdure de KYOTL

Vue de KYOTL depuis La Combe

Durant l'Initiation de Milarépa

Devant le trône de Rimpotché

Lama Seunam recevant Monsieur le Maire de Saint Laurent Le Minier

Rimpotché, les lamas et le groupe de bénévoles avant le départ

Une dernière attention pour la sangha avant le départ pour l'Espagne

Départ de Rimpotché avec nos amis de Dagshang Kagyu venus le chercher spécialement d'Espagne.

 

> Vesak 2005 à Kagyu Yi-ong Tcheu Ling


C'est sous un ciel balayé par la tramontane que s'est déroulé le Vesak dans notre centre de retraite, après les trois journées de récitations des meunlams (prières de souhaits). Une journée portes-ouvertes placée sous le signe de la pratique avec le rituel du Bouddha Sakyamouni et l'enseignement de Lama Seunam, mais qui a sû également ravir la centaine de personnes présentes par ses activités conviviales (repas champêtre de soutien au Centre, danse indienne, démonstration de Aïkido). Le Vesak a permis également de découvrir les travaux du temples extérieur. Celui-ci sera terminé dans les semaines qui suivent, afin de pouvoir accueillir les retraites d'été et S.E. Sangyé Nyènpa Rimpotché.

> Entrée en retraite de S.E. Kalou Rimpotché


Après avoir assisté à la pose du sertok (pignon d'or) du nouveau temple de Tara à Mirik, Lama Seunam a participé, aux côtés de nombreux moines, lamas, sympatisants, aux cérémonies d'entrée en retraite de trois ans de Kalou Rimpotché, le samedi 26 frévrier 2005. S.E. Kalou Rimpotché s'inscrit ainsi dans la lignée des pratiquants de notre école puisqu'il a préféré pour l'instant la contemplation à la poursuite du cycle d'étude (shedra). Il a confié à Lama Seunam, qu'à l'issue de cette retraite, il recommencerait une autre retraite de trois ans. Durant son séjour, Lama Seunam a été reçu par S.E. Gyaltsab Rimpotché. Voici quelques photos pour vous faire partager ces moments uniques.

 

Enseignements de Lama Seunam Tsering [m.à.j. 5 fév 2005]


Extraits des commentaires sur le Rosaire des joyaux de la sublime voie de GAMPOPA.

La compassion

"Même si nous ne disposons que de faibles moyens, la pensée du bien d'autrui ne doit pas être rejetée".

La relation maître à disciple

"On dit dans le bouddhisme que s'il n'y a pas de maître, on ne peut pas atteindre la libération. Le maître peut-il nous aider à nous mener vers la libération, à dissiper nos doutes ? Il nous faut faire cette analyse. Si l'on pense que non, il vaut mieux alors abandonner."

La pratique quotidienne

"Tous les jours, je fais ma pratique quotidienne !". Essayer de comprendre chaque jour ce qui est bon, positif, et ce qui ne l'est pas. Voilà ce que peut être la pratique quotidienne. Il se peut très bien que l'on pratique le Calme mental (shiné) pendant trente minutes et puis que l'on poursuivre sa journée en critiquant... Cela n'est pas souhaitable ! Il faut être présent à soi-même, s'analyser, se questionner : c'est surtout cela la pratique quotidienne."

Kagyu Rintchen tcheu Ling - 17/12/04

La vacuité

"La vacuité est un espace : cela ne veut pas dire qu'il n' y a rien de concret. Il n' y pas en fait de mot pour le décrire. Vacuité, vide, ce mot n'est rien. Il n'y a ni couleur, ni exemple, ni symbôle, ni écrit, rien de palpable. Il faut essayer de comprendre d'où vient cet espace et comment on peut l'atteindre. Par shiné, on peut effectivement le ressentir, au travers par exemple de cette joie profonde et véritable qui peut nous mener jusqu'à rigpa, la connaissance transcendante. Parfois, on a beau pratiquer et rien ne se passe. Cela vient peu à peu, grâce à l'assiduitié dans la pratique."

Le changement intérieur

Les phénomènes mentaux sont le résultat des pensées. Le méditant qui cherche la vérité doit être extrêmement vigilant à ne pas perdre le moindre petit instant. S'il arrive à cet éclair de compréhension, il peut devenir presque une autre personne de façon instantanée. C'est la vigilance de chaque instant qui permettra de voir cet éclair émanant de notre propre intériorité."

La vigilance

"Reconnaître que se sont les pensées qui nous manipulent, voilà un trait de sagesse. Si nous ne le voyons pas, ces pensées peuvent nous manipuler et nous conduire à être violent, agressif. Par la vigilance, on arrive à garder le contrôle. Arriver à voir comment les pensées fonctionnent est un trait d'intelligence qui permet d'éliminer les émotions perturbatrices."

L'impermanence

"Corps et paroles sont impermanents. Dans l'esprit aussi, tout ce qui passe est impermanent. Il faut essayer de pacifier tout cela. L'antidote ? Créer le silence intérieur. Dans ce silence, vous percevrez la saveur de l'impermanence. Car en comprenant l'impermanence, vous pourre mieux être présent, ici et maintenant, vous relâcher, laisser l'attachement."

Le karma

"On n'est pas obligé de choisir le bien ou le mal. Dans le bouddhisme, il n'y a pas de notion de culpabilité mais plutôt de responsabilité. Le Bouddha a dit de respecter tous les êtres. Quand on fait quelque chose de mauvais, la loi de causalité est inéluctable. Même si on ne le voit pas, nous sommes notre propre punisseur."

La souffrance

"S'il n'y avait pas de problèmes, on n'essaierait jamais d'ouvrir les yeux vers la libération. On peut donc considérer les souffrances comme un guide spirituel."

Kagyu Rintchen tcheu Ling - 28/01/05

>Séminaires de Bokar Rimpotché [5 jan 2005]


Pour ceux qui sont préoccupés au sujet de la poursuite des séminaires, voici les décisions prises par Khempo Lodreu Donyeu Rimpotché, fils spirituel de Bokar Rimpotché :

1 - ouvrir une parenthèse d'au moins deux ans pour les séminaires en Inde ; 2 - continuer les séminaires en occident. Ces séminaires se sont tenus depuis 2000 en Normandie. En accord avec Rimpotché bien avant qu'il ne nous quitte, ils auront lieu désormais alternativement une année en France (Vajradhara Ling), une année en Espagne (Dag Shang Kagyu).

Para aquellos preocupados por la continuidad de los seminarios se comunica las decisiones tomadas por Khempo Lodro Donyon Rinpoché, heredero espiritual de Bokar Rinpoché: 1) abrir un paréntesis de al menos dos años para los seminarios de India; 2) continuar con los seminarios en occidente puesto que se iniciaron a requerimiento de Rinpoché mismo. Estos seminarios han tenido lugar desde el año 2000 en Normandía. De acuerdo con Rinpoché antes de que nos dejara - estos seminarios tendrán lugar una vez cada dos años en Francia (Vajradhara Ling) y una vez cada dos años en España (Dag Shang Kagyu). Source : Dag Shang Kagyu


> Présentation des reliques de Bokar Rimpotché - Allocution de Lama Seunam Tsering - [22 oct. 04]


" Les rituels à Mirik ont vraiment été excellents. Ils se sont déroulés en présence de nombreux grands lamas tels que Gyaltsab Rimpotché, Jamgoen Kontrul Rimpotché, Kalou Rimpotché, et près de cinq cents lamas. Comme nous l'avons annoncé dans Guendune Nyensal, chaque semaine, le rituel changeait chaque semaine et il se déroulait de cinq heures à vingt et une heure. Une trentaine de bus arrivaient chaque jour ainsi que des voitures particulières venant du Népal, du Sikkim, du Bengale de l'Ouest. Le monastère a accueilli ainsi près de mille personnes par jour, dont de nombreux villageois des alentours venus réciter des " manis ". Les deux derniers jours, Sa Sainteté le Karmapa a pris part aux rituels.

Vous voyez, bien que Rimpotché ait quitté ce monde, d'excellentes choses continuent de se passer. C'est en fait quelque chose qui n'est pas facile à concevoir, mais je peux vous dire qu'il est avec nous. Bien sûr, nous pouvons être tristes qu'il soit parti si tôt, mais son activité et sa participation réelle n'est pas terminée. Celui qui était comme le fils issu du cœur de Kalou Rimpotché était un lama détenant une réalisation qu'il n'est pas donné à tout le monde d'obtenir, même parmi les grands lamas. Rimpotché a été conservé dans le sel comme le veut la tradition. A un moment, de nombreuses reliques [dont des émanations sphériques de quelques millimètres] ont émané de son kundung. Elles sont tombées, et dès que les moines ont réalisé ce qui se passait, il est devenu très difficile de s'approcher pour en obtenir. N'ayant pu en obtenir, Khempo Lodreu est passé parmi les moines en leur demandant de lui faire offrande et c'est lui-même qui m'en a donné quatre. Ces reliques, c'est la participation de Bokar Rimpotché. Je ne les garde par pour moi : ce fruit de notre samaya est destiné à être placé dans le stupa qui sera érigé dans notre Centre de retraite. Aujourd'hui, c'est la bénédiction de Bokar Rimpotché que nous recevons. Même si nous ne voyons pas le maître, c'est la dévotion qu'on lui porte qui est importante. [Lama Seunam montre les reliques en les sortant du petit stupa de verre où se trouve un écrin contenant les perles blanchâtres ainsi que du sang de Rimpotché mêlé au sel de son kudung. Ensuite, le reliquaire étant clos, Lama Seunam bénit les personnes qui le souhaitent, apposant le reliquaire au dessus de leur tête].

Il ne faut donc pas se faire de souci, tous les grands lamas présents à Mirik ont dit que Bokar Rimpotché sera très prochainement à nouveau parmi nous. Pour nous autres, êtres ordinaires, on ne peut affirmer ce genre de choses ! De tels grands maîtres se réincarnent par amour et compassion pour les êtres vivants. Ils ont en fait la responsabilité d'aider à transformer et à clarifier la souffrance de tous les êtres. Nous autres, nous pourrions aspirer également à un retour rapide si nous avions réellement ce type de motivation…
Lorsque j'étais à Mirik, de nombreuses personnes pleuraient Rimpotché. Cela peut bien sûr se comprendre, mais ça ne relève en fait que du domaine de l'émotion. Nous même, nous côtoyons nos parents, qui un jour disparaîtront ; certain parmi vous n'ont peut-être jamais connu leurs parents. Il faut bien comprendre que nous sommes seuls, nos parents n'étant qu'une aide pour un temps donné, mais en revanche que tous les êtres ont été dans des vies antérieures notre mère. Cela s'inscrit dans le cadre de la loi du karma et de l'impermanence ; c'est aussi un moyen pour transformer nos émotions.
Voyez aujourd'hui par exemple : le temple est plein, et de nombreuses personnes sont venues avec le désir d'écouter de bons enseignements. Et après ? Que se passe-t-il ?... Quand ça va mal, on pratique et on cherche appui après de la sangha, et le reste du temps, quand tout va bien, on oublie la méditation, la sangha paraît moche et stupide, on retrouve son lot de distractions mondaines…Il est vain de ne considérer le dharma que dans ses bons aspects et de ne pas se plier à une discipline rigoureuse qui est la seule garante de réels progrès intérieurs. Il ne faut pas croire en effet, qu'en venant au temple, en se prosternant, celui puisse suffire à nous ouvrir profondément au dharma. La pratique, elle n'est pas avant toute chose pour le Bouddha, Bokar Rimpotché, le lama, mais pour nous même ! Il est certes bénéfique de venir écouter des enseignements, mais ce n'est pas assez pour transformer nos émotions, nos obstacles, nos problèmes. Le dharma n'est pas en fait une psychothérapie ! Il faut comprendre en premier lieu ce qu'est le dharma à travers la contemplation. Voilà ce qui clarifie et dissipe l'ignorance, voilà la clé d'un bonheur durable et véritable, né de notre intériorité. La pratique permet de trouver la solution face à l'adversité, de mieux réagir, de développer l'humilité, la douceur et le calme à l'instar de grands maîtres tels que le Dalaï Lama, Bokar Rimpotché, Kalou Rimpotché. Plusieurs prises de refuge par exemple ne changent rien si vous ne changez pas vous-mêmes. Vous devez évaluer quelle est la valeur du dharma pour vous. Encore une fois, cette analyse profonde ne peut se faire qu'à travers la pratique. Il ne faut pas par ailleurs oublier, de dédier ce qui est accompli au bien de tous les êtres, cela risquerait sinon de développer un état d'esprit égoïste.
La méditation assise permet de mieux percevoir la subtilité du dharma et c'est elle, je le répète, qui mène au vrai bonheur. Si vous pensez que le dharma ne vous apporte rien, quittez-le, mais si vous pensez qu'il vous est bénéfique et que vous progressez, persévérez !…

J'aimerais vous dire avant de conclure que Kalou Rimpotché a décidé de faire une retraite de trois ans. Les rituels d'entrée débuteront mi-février. Bokar Rimpotché lui avait donné trois choix possibles :
- suivre le cycle de shedra (études philosophiques) dans un collège de moines
- continuer à étudier le shedra mais au monastère
- entrer en retraite de trois ans
Cela fait trois mois que Kalou Rimpotché y réfléchissait et il a donné sa réponse. A ce jour, il a reçu toutes les transmissions de la Lignée par Bokar Rimpotché : il ne lui reste plus qu'à pratiquer. "

Enseignement donné le vendredi 22 octobre 2004 dans le temple de Kagyu Rintchen Tcheu Ling

> La réhabilitation de Kagyu yi-ong tcheu ling - Centre de retraites - [sept/05]


Un développement constant

Depuis de nombreux mois, le Centre de retraites a été l’objet d’une attention particulière. Une information a été régulièrementdiffusée par le biais des programmes et de la lettre de liaison de la Congrégation (Guendune Nyensal) destinée à préciser les besoins, informer des projets et recueillir éventuellement des fonds en fonction des appels. Grâce à l’aide des donateurs et de tous ceux qui se sont sentis concernés par l’amélioration de ses conditions d’hébergement et de pratique, en donnant un peu de leur temps et de leur savoir-faire, « l’Agréable jardin du dharma » change peu à peu de visage. On le sait depuis longtemps, la volonté de Lama Seunam et de faire du « mas » un centre pouvant accueillir décemment les retraites de notre programme, notamment l’été ou affluent les pratiquants, du fait des congés, mais aussi à plus long terme permettant d’accueillir des nones, moines, lamas désirant parfaire leur pratique dans un lieu propice. Notre travail, aidé de toute notre foi en le dharma et en l’œuvre également de Kalou Rimpotché, fondateur de notre Centre, est de poser les pierres d’une telle entreprise pour, sinon pouvoir disposer en cette vie d’un tel centre, du moins permettre aux générations futures de prendre la relève sans difficultés. Tel est le but qui nous pousse. Les choses peuvent avancer encore plus vite si la sangha et tous les sympatisants apportent un soutien par leur aide au travail et leurs dons indispensables. Kagyu yi-ong tcheu ling a été acquis pour réaliser le souhait de Kalou Rimpotché de voir notre centre du dharma disposer d’un Centre de retraites. Ce lieu consacré par Bokar Rimpotché en Août 1990, alors qu'il venait juste de diriger le rituel de ramné pour la consécration du tout nouveau temple de Montpellier, a été visité depuis par Yangsi Kalou Rimpotché et de nombreux grands lamas. Sa Sainteté le Dalaï Lama l’a même bénit au travers d’une maquette. Définitivement empli de bénédictions, il demeure pour tous ceux qui le souhaitent un excellent terrain pour la mise en pratique des « Six perfections » à travers le karma yoga. N’est-il pas dit que le plus cadeau que l’on peut faire au maître est celui de la pratique…

Les projets de construction à Kagyu Yi-Ong Tcheu Ling (màj. sept. 2005)

Le temple extérieur a été entièrement rénové grâce à l'énergie de membre de la sangha et de donateurs. Cette superbe construction a beaucoup été appréciée par Sangyé Nyènpa Rimpotché notamment pour sa simplicité. Actuellement, outre d'urgents petits travaux à réaliser, l’attention de Lama Seunam reste portée sur un nouveau projet d'extension des bâtiments déjà existant du mas. A terme, le "mas" proprement dit devrait pouvoir comporter un temple donnant sur la terrasse, des appartements pour les Rimpotchés, des studios pour les retraitants, et des locaux ouverts à la location pour des associations en relation avec le dharma (Taï Shi, yoga, etc.). Enfin, Lama Seunam n'oublie pas son ancien projet de construction d'un bâtiment extérieur, disposant d'un temple entouré de logements ; mais ce projet est dépendant de la mise au réseau d'eau potable de La Combe. Nous disposons également d'une maquette de stupa, toute prête et déjà bénie par S.S. le Dala¨Lama lors de sa venue.

La paramita de la générosité

Ces projets sont irréalisables sans un apport en dons conséquent. Merci à tous ceux qui contribueront à maintenir et développer le dharma dans ce lieu.

Comment participer ?

Nous tenons à votre disposition également des R.I.B. pour tout virement. Vous pouvez également nous adresser un chèque à l'ordre de "Congrégation KRTL". La meilleure formule utile pour le centre est de pouvoir nous faire bénéficier de virements réguliers. Enfin, nous rappelons que le statut de Congrégation religieuse permet de faire des legs et donations avec exemption des droits de mutation.

L’ appel de Lama Seunam Tsering

Lama Seunam a renouvelé ses souhaits de voir le bénévolat se renforcer pour le « mas » :

«Le Centre de Retraites subit un développement notoire. La raison d’être de ce centre est d’apporter un complément par la pratique à l’étude du dharma. Un seul fil n’est pas assez solide mais plusieurs forment une corde. Aussi, afin de faire perdurer et de protéger les enseignements de notre Lignée et de permettre à la pratique de se développer, je vous demande de bien vouloir soutenir les efforts entrepris pour que le Centre de Retraites poursuive sa mission. » (Lama Seunam Tsering)

 

> Les weeks-ends de Karma yoga, yoga de l'action - [sept/04]


Afin de permettre le travail en commun utile au développement de Kagyu yi-ong tcheu ling, Lama Seunam Tsering a programmé des week-end de Karma yoga. Vous trouverez les dates dans le programme. Le karma yoga, en se basant sur l'action pratique, permet un retour sur soi par la concentration sur l'activité, et apporte inévitablement ses bienfaits à l'ensemble de la sangha. Lama Seunam compte sur la participation du plus grand nombre de personnes afin de favoriser l'activité de ce lieu spirituel, pour lequel un nouveau lama a été d'ores-et-déjà choisi depuis le "monastère mère" de Sonada (distr. Darjeeling - W.B. - Inde). Merci à toutes les bonnes volontés qui nous aideront à améliorer les conditions de retraite : de toute évidence, l'arrivée d'un nouveau lama ne sera possible que lorsque tout aura été mis en oeuvre pour le recevoir dans les meilleures conditions.

> Les weeks-ends de récitation de "mani" (abrévation de om mani pémé houng, mantra de Tchènrézi) - [sept/04]


Un week-end de récitation est mis en place, dans la mesure de possible, une fois par mois, au centre de retraites (Kagyu yi-ong tcheu ling). Voir notre programme. Durant ces weeks-ends, repas "sorti du sac" pour chacun des participants.

> Reconnaissance de la congrégation - [nov/02]


Par décret du 23 octobre 2002 paru au J.O. N° 254 du 30 octobre 2002, l'Institut tibétain de Montpellier est désormais reconnu par l'Etat en tant que Congrégation bouddhiste vajrayana "Kagyu Rintchen Tcheu Ling". Nous invitons les anciens membres des deux associations à poursuivre leur participation aux frais du centre en remplaçant les anciennes cotisations par des dons non obligatoires (montant minimum proposé : 45 €) ; les virements réguliers permettent également de soutenir l'activité de la COngrégation de façon conséquente. Le centre ne dispose d'aucune aide, ni de France, ni d'Inde, seuls les dons lui permettent d'exister et de proposer des activités. Les sessions ne représentent qu'une part infime de ses revenus.

> L'actualité de S.S. le XVIIe Karmapa Orgyen Trinley Dorjé - [màj. août 04]]


Co nsultez le site officiel de Sa Sainteté à www.kagyuoffice.org et aussi http://www.rumtek.org - sur les monlam à Bodhgaya : www.kagyumonlam.org

- La revue Dharma Nectar suit désormais de près l'actualité de Sa Sainteté. Déjà deux numéros ont paru, en anglais. Pour l'instant, sa diffusion en anglais, est limitée aux divers centres kagyu. Le site du centre Karma Kagyu Tendar Ling en propose de précieuses traductions à http://www.karmapa-europe.net/

- Un nouveau disque a vu le jour chez Wind Records, où l'on peut entendre la voix de Sa Sainteté ainsi qu'une très belle mélodie composée durant le chemin de l'exil. Celle-ci est présentée à travers différents arrangements qui alternent avec d'autres compositions. Mis en valeur par une somptueuse présentation, cette publication est un excellent support permettant de consolider le lien avec l'autorité suprême de notre lignée.

Voir aussi les liens suivants [en anglais] : interview dans Time Asia :http://www.time.com/time/asia/news/interview/0,9754,108851,00.html

Accès direct à la page d'article du New Delhi Post :http://cgi.wn.com/?template=worldnews%2Fsearch.txt&index=full&index=full&action=search&first=0&SearchString=karmapa

Page du Hindustan Times : http://www.hindustantimes.com/news/181_136548,000900030002.htm

> Le Pélerinage 2004 - extraits de l'exposition réalisée lors du Vesak 2004


 


> Guendune Nyensal - L'écoute de la sangha - Lettre d'information N°7


Editorial
La nouvelle soudaine du départ de Bokar Rimpotché survenu le 17 Août 2004 nous a amené en priorité à rendre hommage à celui qui est considéré comme l'un des plus grands maîtres de méditation actuel et que notre centre avec a eu l'honneur d'accueillir en 1984 et 1987 avec Kalou Rimpotché et en août 1990 pour la bénédiction de Kagyu Yi-Ong Tcheu Ling et la consécration du temple de Kagyu Rintchen Tcheu Ling. On trouvera en second lieu une information sur le projet de reconstruction du temple extérieur qui va favoriser la transmission et la pratique du dharma à Kagyu Yi-Ong Tcheu Ling.

1 - BOKAR RIMPOTCHE EST ENTRE DANS LA PARINIRVANA


Une vie au service du dharma
Né dans une famille de nomades près du monastère de Bokar en 1940, Bokar Rinpoché fut reconnu à quatre ans par le XVIème Karmapa comme la réincarnation du précédent Bokar Rinpoché. Il entra au monastère pour y commencer ses études et entre douze et quatorze ans, il étudia à Tsurphu sous la direction personnelle du Karmapa. Très jeune, il prit la direction du monastère de Bokar près du Mont Kailash. En 1959, il s'enfuit du Tibet et rejoignit le Karmapa à Rumtek, au Sikkim. C'est en Inde qu'il rencontra S.E. Kalou Rinpotché et devint son disciple principal. En 1967, il commença sous sa direction une première retraite de trois ans à Sonada sur les six yogas de Niguma, dans la tradition Shangpa Kagyu. Il la fit suivre d'une seconde retraite de trois ans, toujours à Sonada, cette fois-ci sur les six yogas de Naropa. À sa sortie de retraite, Kalou Rinpoché le nomma responsable des centres de retraite de Sonada, et le Karmapa le chargea de ceux de Rumtek. Bokar Rinpoché a également fondé un centre de retraite à Mirik, dans la région de Darjeeling, en Inde, plus spécialement voué à la pratique de Kalachakra. Il a eu pour disciple principal Khempo Deunyeu, qui l'a suivi dans ses divers déplacements. Bokar Rimpotché a effectué ses premiers voyages en Occident en compagnie de Kalou Rinpotché. Il a fondé quelques centres, notamment en France (en Provence [Centres de Lama Tcheuky], dans les Cévennes [Kagyu Yi-Ong Tcheu Ling en 1990 - conjointement à sa bénédiction, Rimpotché avait donné l'initiation de Milarépa en demandant pour samaya - engagement sacré - que sa pratique soit faite toutes les pleines lunes]), et a organisé chaque année un séminaire retraite en Inde pour ses étudiants occidentaux, à Bodhgaya. Nous avons eu l'honneur de recevoir sa visite avec Kalou Rimpotché en 1984 et lors de la bénédiction des travaux du temple de Montpellier en 1987, puis en août 1990 pour la consécration du temple qu'il a menée à la demande de Lama Seunam Tsering. Par ses remarquables qualités et sa profonde réalisation, Bokar Rimpotché est le fils spirituel de Kalou Rimpotché et le détenteur de la lignée Shangpa Kagyu. Nous gardons le souvenir de son extrême bonté et de sa grande douceur. Lors du décès de Kalou Rimpotché, Bokar Rimpotché, Lama Gyaltsen et Khempo Lodreu Deunyeu (15 mai 1989) déclaraient au sujet de leur maître:
"Au travers des enseignements de Rimpotché et de notre compréhension du dharma, nous savons que tous les phénomènes composés sont impermanents et que, là où nous rencontrons vraiment notre lama, c'est dans la nature ultime de l'esprit. Le lama n'a jamais été séparé de nous et ne le sera jamais. Il nous reste à être fidèles à l'esprit que Rimpotché nous a transmis par son exemple, son enseignement et ses conseils. Ceci, nous pouvons le faire en déposant notre peine et en nous réjouissant des dons que nous avons reçus de son infinie bonté, en gardant la pureté de nos engagements et de nos liens vajra et en cultivant les qualités d'un être éveillé telles qu'il nous les a si clairement démontrées. Tout ceci, faisons le en même temps que nous prions Rimpotché du fond du coeur de reprendre rapidement un corps humain et de revenir parmi nous". Considéré par ses pairs comme l'un des plus grands maîtres de méditation actuels, Bokar Rimpotché a quitté son corps le 17 août 2004, donnant à cette déclaration une résonance d'une force saisissante. Par ce départ soudain, le monde de la spiritualité, le bouddhisme tibétain et la lignée kagyu sont endeuillés. Il appartient maintenant à ses disciples de pérenniser la profondeur et la pureté de ses enseignements dans l'attente de son retour proche parmi nous pour que son activité se poursuive.

Communication du Siège de Sa Sainteté Le XVIIe Karmapa
Le site web officiel du XVIIe Gyalwa Karmapa Orgyen Trinley Dorjé (www.kagyuoffice.org) a diffusé très vite des informations au sujet du départ de Bokar Rimpotché. Nous avons été informés très rapidement que le kudung de Bokar Rimpotché a été déplacé au cours d'une procession où des signes se sont manifestés. Le Karmapa a demandé d'autre part aux disciples de Rimpotché de suivre ses dernières recommandations. Il a missionné une délégation à Mirik afin de rendre les derniers hommages à celui qui a été l'un de ses plus anciens instructeurs et dirige des pujas devant une assemblée de trois cents moines au Monastère de Gyuto Ramoché. Sa Sainteté le Karmapa envoie ses bénédictions à la sangha de disciples de Rimpotché ; il a d'autre part composé une prière et une aspiration pour le retour rapide de sa réincarnation.

Message de Khempo Lodreu Deunyeu (photo ci-contre)
" Les pratiquants reliés à Kyabjé Bokar Rimpotché doivent savoir que Rimpotché est dans le temple de Tara (sa pièce de méditation personnelle) " en l'état du Dharmakaya ". Les pratiquants ont l'opportunité de se connecter à son esprit éveillé et en même temps de se souvenir de son grand exemple et de ses instructions et de les appliquer du mieux que possible. "

Message de Lama Tenpa Gyamtso
" Pratiquer tout particulièrement le Guru Yoga, Bokar Rimpotché étant indissociable de Vajradhara. Pratiquer Tchnèrézi. Les personnes qui ont un lien avec Bokar Rimpotché et qui ont reçu ses enseignements doivent se souvenir de sa vie exemplaire, de sa compassion, de ses enseignements. Les pratiquants doivent se souvenir et pratiquer du mieux possible selon les enseignements qu'il ont reçu : les quatre pensées qui détournent du cycle des existences, les pratiques préliminaires, shiné, lhaktong, mahamudra, la pratique du yidam. Des cérémonies vont être accomplies pendant quarante neuf jours. Durant cette période des quarante neuf jours, il est très bénéfique de pratiquer l'accumulation de mérite au travers de la pratique du don d'offrandes. Ceux qui ont la possibilité de venir aux cérémonies peuvent apporter toutes sortes d'offrandes à leur convenance (bougies, fleurs, argent). Dans de telles circonstances des offrandes importantes sont adressées à de nombreux maîtres et monastères pour qu'il accomplissent des rituels. Si vous souhaitez contribuer à ces offrandes et ne pouvez vous déplacer, vous pouvez participer en les confiant à ceux qui vont à Mirik. Le plus important est de mettre en application les enseignements reçus et de ne pas se comporter de façon ordinaire. En particulier ceux qui ont reçu les instructions de Rimpotché au cours des séminaires de ces douze dernières années connaissent les enseignements et pratiques et doivent les appliquer. Dans l'immédiat, le mieux est de pratiquer en se souvenant, à l'instar des enseignements des maîtres du passé, que l'offrande la plus sublime est celle de la pratique. "

Circonstances de l'entrée dans le parinirvana (lettre du monastère de Mirik - de la part de Karma yangdup, secrétaire du monastère de Mirik)

" Chers Frères et Sœurs du dharma, beaucoup d'entre vous, comme nous à Mirik, ont peine à croire à ce qui vient de se passer. Nous ne pouvions le croire bien que nous l'ayons vu de nos propres yeux. C'est une très triste circonstance. Le Vénérable Bokar Rimpotché est entré dans le parinirvana le 17 août 2004 à 8 h 50 sur le trajet pour Siliguri en vue d'un contrôle médical. Rimpotché avait des problèmes de sinus et éternuait souvent. Il nous disait à ce propos que s'il n'avait pas une série d'éternuements dus à ses sinus pendant un certain temps, il ressentait une sorte de pression lui remonter dans la poitrine. Ces derniers temps, Rimpotché n'avait justement pas eu d'éternuements depuis au moins une bonne semaine. Rimpotché se plaignait d'une pression qui venait (plus de l'extérieur) de la poitrine. Il avait donc des difficultés à respirer. Pas plus tard que le 16 août, Khempo Rimpotché le pria d'aller à Siliguri pour suivre un contrôle médical. Cette nuit là, Rimpotché dormit bien et au petit matin, il fut prêt à partir pour cet examen. Juste avant de partir, il eut du mal à respirer mais cela s'est calmé peu après.
Nous avons conduit tout doucement en direction de Siliguri. Après 35 ou 40 minutes de route, dans un endroit appelé Gayabari, juste après la fabrique de thés de Gayabari, Rimpotché nous demanda de nous arrêter et il descendit de la voiture. Nous sommes repartis et quelques minutes plus tard, Rimpotché nous demanda de nous arrêter à nouveau. Dans l'instant même, sa tête s'est renversée.
Nous avons appelé le monastère en demandant à Khempo Rimpotché de venir d'urgence. Avec bon espoir et des prières, nous reprîmes la route en direction de Siliguri chez le médecin sachant qu'il n'y aurait de toute évidence aucune autre option si nous restions là à mi-chemin de la route. Khempo Rimpotché était en route pour Siliguri aussi. Entre-temps nous avons appelé l'hôpital du Docteur Nayak et tous les médecins et les infirmières nous attendaient à l'entrée. Le médecin a essayé tout ce qu'il a pu mais l'espoir de revoir Rimpotché revenir à lui s'est anéanti.
Sur les conseils de Khempo Rimpotché, nous le ramenâmes à Mirik. Sur le chemin du retour, Khempo Rimpotché nous attendait près du pont de Dudia. Il a fait la plupart des pujas préliminaires et nous sommes repartis pour Mirik. Sur le chemin du retour, nous avons contacté de nombreux Rimpotchés pour les informer de cette infortune et nous leur avons demandé leurs bénédictions et leurs prières.
Pour le moment, il est envisagé, pendant quarante neuf jours, des pujas continuelles. Nous souhaitons garder son kudung un peu plus longtemps, mais cela sera décidé par les grands Rimpotchés pendant et après les quarante neufs jours de pujas. Nous faisons tous les rituels nécessaires au monastère et nous avons demandé des pujas dans tous les monastères du Népal et de l'Inde. A présent, son Eminence Gyaltsab Rimpotché et Son Eminence Jamgoeun Kongtrul Rimpotché sont ici dans le monastère de Mirik, tout comme Yangsi Kalou Rimpotché et d'autres Rimpotchés qui participent aussi à tous les rituels de pujas. Un être éveillé comme Bokar Rimpotché qui se manifeste pour le bien de tous les êtres demeure à sa mort en le dharmakaya (corps absolu) et n'a nul besoin d'être aidé par les disciples au moment de ce passage des quarantes neufs jours. Toutefois, les cérémonies et prières sont effectuées afin de permettre aux disciples d'unir leur esprit avec l'esprit éveillé du maître, d'accumuler du mérite, et de prier pour le prompt retour du maître. "


Allocution de Lama Seunam Tsering (extraits)
(À l'occasion des Guru yoga de Milarépa dédiés à Bokar Rimpotché - 21 et 24 août 2004)

Bokar Rimpotché était le fils spirituel de Kalou Rimpotché, leur esprit étant indissocié et uni dans le cadre de la relation de maître à disciple. Après le parinirvana de Kalou Rimpotché, Bokar Rimpotché a été mon lama racine. Mais aujourd'hui je me sens comme beaucoup d'entre nous orphelin, car je me souviens aussi de la douceur et de l'extrême bonté de Rimpotché et je reste comme un fils qui a perdu son père. Lors des derniers instants de Kalou Rimpotché, j'eus l'occasion d'être l'intermédiaire à qui mon maître confia ses dernières pensées pour les porter à Sa Sainteté le Dalaï Lama, à Situ Rimpotché, à Bokar Rimpotché. Kalou Rimpotché avait déjà préparé son héritage spirituel en présentant Bokar Rimpotché dans leurs déplacements. Sans répit également, Bokar Rimpotché a confié sa vie au dharma avec le souci de maintenir la pureté de la lignée Kagyu. Il avait manifesté par ailleurs, à l'instar de Kalou Rimpotché, son souci de voir notre centre continuer à se développer dans une certaine simplicité, grâce à une sangha unie par la motivation dans sa pratique. Bokar Rimpotché était très heureux que notre centre (fondé en 1975), ait été reconnu en tant que Congrégation (novembre 2002). Aujourd'hui, il est parti pour son parinirvana, mais il demeure au côté de Kalou Rimpotché le détenteur de la lignée Dagshang Kagyu et je reste persuadé que le prochain Bokar Rimpotché reviendra bientôt. Il ne faut pas sombrer dans le désespoir, les grands maîtres reviennent parmi nous pour nous guider vers l'éveil !
Au monastère de Gyuto, le Karmapa pratique avec trois cents moines, un milliard de mani va être récité à Sonada, des pratiques sont également en cours à Sherab Ling et à Rumtek. Je vous remercie d'associer vos prières à vos offrandes de lumières pour la reprise rapide de l'activité de Bokar Rimpotché parmi nous. Vous pourrez pratiquer le Guru Yoga avec Tchènrézi tous les mardis dans nos deux centres. Dans notre Congrégation, la période des quarante neuf jours se terminera le mardi 5 octobre 2004. Deux week-ends seront consacrés à des récitations de mani. Merci à tous. "

Courriers au monastère
Lama Seunam Tsering est parti à Mirik avec deux courriers de soutien qu'il va remettre à Kalou Rimpotché et à Khempo Lodreu Deunyeu, le disciple de Bokar Rimpotché. En voici la conclusion :
" Avec tous nos vœux et prières, nous souhaitons vous dire que nous garderons toujours un lien avec Rimpotché de même qu'avec le monastère. Nous vous accompagnons par la pratique de notre sangha , unis avec Lama Seunam Tsering par notre dévotion".

Présentation du monastère de Bokar Rimpotché
Bokar Ngedon Chokhor se trouve à Mirik, un petit village dans le district de Darjeeling, dans l'état indien du Bengale Ouest. Mirik est un lieu sacré pour plusieurs raisons. Exceptés le temple, le centre de retraite et le stupa actuels, le grand Mahasiddha indien Maitripa y est venu pratiquer la méditation. Marpa, le traducteur y a reçu également de Maitripa certaines de ses transmissions les plus profondes. Situé sur l' un des points les plus hauts de Mirik, le monastère offre sa présence chaleureuse au village et au lac non loin. La cérémonie de pose de la première pierre a été effectuée par Kyabje Kalou Rimpochté et Bokar Rimpotché en 1984. L'inauguration et la consécration ont été présidées par Gyaltsab Rimpotché et Kalou Rimpotché, avec à leurs côtés Bokar Rimpotché et Khempo Lodreu Deunyeu. Une grande assemblée de lamas, de moines, de disciples connectés avec le monastère, participèrent également à cet événement significatif. À présent, 75 moines résident au monastère. Leur programme inclut leur pratique quotidienne, une large gamme d'études philosophiques et des rituels. Une fois que les moines ont achevé leurs études de base, ils peuvent alors effectuer leur retraite de trois ans.


Programme des rituels à Mirik
(source : Kagyu Dzong)

Les prières et les rituels se déroulent de façon continue dans la salle d'enseignements du nouveau monastère de 5 heures du matin à 9 heures du soir. Les principaux rituels seront :
- sem. 1 (16-22/08) : Vajrasattva
- sem. 2 (23-29/08) : Gyalwai Gyamtso
- sem. 3 (30/08-5/09) : Zhi Tro (Déités paisibles et courroucées)
- sem. 4 (6-12/09) : Kalachakra
- sem.5 (13-19/09) : Chakrasamvara
- sem. 6 (20-26/09) : Vajrayogini
- sem. 7 (27/09-3/10) : Kagyu Gurtso (Chants de réalisation des maîtres de la Lignée)


Enseignements de Bokar Rimpotché (extraits) Les quatre facteurs de l'éveil : L'éveil est le bonheur véritable, à la fois temporel et ultime, l'essence de toutes les qualités. Nous ne pouvons l'obtenir qu'à condition que soient réunis quatre facteurs : la cause première, le support, la condition adjuvante et les moyens. La cause première est l'éveil à l'état potentiel, naturellement et unanimement présent dans l'esprit des êtres. Le support est l'existence humaine, supérieure à toute autre du point de vue spirituel, appelée précieuse dans la mesure où elle est mise à profit pour cheminer vers l'éveil. La condition adjuvante est le maître spirituel qualifié, celui qui nous montre la voie sans erreur. Le moyen sont les instructions que donne le maître, dans le cadre des différents enseignements laissés par le Bouddha, que ce soient les sutras ou les tantras. Sans ces quatre facteurs, nous ne pouvons progresser vers l'éveil. L'absence ne serait-ce que de l'un d'eux rend les autres inopérants. Tous quatre sont maintenant réunis pour nous ; il nous appartient d'en faire en cette vie un usage profitable. Pensons à l'heureuse fortune qu'est aujourd'hui la nôtre, pensons aux actes positifs de nos vies passées qui l'ont rendue possible : réjouissons nous et avançons sur la voie. [Bokar Rimpotché, La journée d'un bouddhiste, Tradition tibétaine, Claire lumière, Vernègues, 1997].

La méditation
Si nous n'avons pas découvert la paix intérieure de la vérité ultime, les circonstances extérieures heureuses, parce que transitoires et changeantes, restent certainement insuffisantes pour nous procurer un bonheur authentique. Beaucoup d'occidentaux en prennent maintenant conscience et, désireux de découvrir la réalité intérieure, se tournent vers le dharma. La méditation est ce qui rend possible cette découverte. L'importance et la portée de la méditation, si nous en apprenons suffisamment l'art, se mesurent aux trois résultats suivants :
- par la méditation, toute souffrance peut être transformée en bonheur ;
- par la méditation, les émotions conflictuelles qui agitent notre esprit peuvent être transformées en connaissance primordiale, non-duelle ;
- par la méditation le samsara peut être transformé en nirvana, c'est-à-dire le monde ordinaire en réalité éveillée.
Toutefois, méditer implique que l'on connaisse la méthode qui permette de le faire correctement. Il ne suffit pas de se dire : "je vais méditer", et de rester dans une sorte d'état indéfini. [Bokar Rimpotché, La méditation, conseils aux débutants, II, Claire Lumière, 1990].

2 - L'ACTUALITE DE LA CONGREGATION


La tente extérieure qui sert de temple à Kagyu Yi-Ong Tcheu Ling montre ses limites devant l'affluence de la fréquentation du Centre (les 80 personnes du Vesak 2004 n'ont pas pu toutes rentrer) et les fortes pluies qui s'abattent sur les Cévennes. Le temple d'hiver est humide et tout aussi exigu. Lama Seunam Tsering vient de décider la construction d'un nouveau temple extérieur, qui prendra place au même endroit que l'ancienne structure. Cette nouvelle construction sera démontable. Elle sera constituée d'une structure en bois, d'un toit, de bâches épaisses permettant de pratiquer toute l'année. Ce projet, extrêmement motivant pour tous, n'est réalisable qu'avec l'aide de toute la sangha. Le coût des matériaux est estimé au minimum à 15000 euros. Pour faire un don, vous pouvez remplir les bulletins disponibles dans nos centres ou nous contacter pour que nous vous en adressions un exemplaire ainsi qu'un R.I.B. pour un don par virement. Merci à tous pour votre contribution à l'œuvre de la Congrégation.
début des travaux : 25/09/04 - Ce projet s'inscrit dans le plan de réhabilitation du Centre de retraite élaboré par Lama Seunam Tsering.